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L'expression silencieuse

2012-2013

Sur des fonds noirs monochromes s'inscrivent des lignes fluides qui s'enlacent, se nouent, s'enroulent faisant surgir des formes qui semblent creuser l'espace en son centre. Des formes emportées dans un mouvement tourbillonnant, celui même du geste qui leur donne configuration comme s'il fallait que la peinture, pour dégager la substance du monde, y puise les forces élémentaires.

Ces formes ne suggèrent rien d'abstrait. La matière picturale se fait matière végétale, matière vivante irisée, faite d'ombre et de lumière. Formes naissantes en expansion qui s'ouvrent parfois sur le fond en un passage vers l'invisible.

Dans d'autres compositions, la matière picturale se fait traces géologiques, empreintes fragiles qui traversent l'espace monochrome blanc, champ de force et de tension qui fait naître la pensée de leur effacement possible, passé le temps de leur éclairement par la peinture.

L'élan du geste se fait particulièrement sentir dans les formats rectangulaires, à l'instar de cette composition où des formes organiques se développent en strates sur un fond noir, germination mystérieuse arrêtée dans sa course.

Le surgissement et l'effacement rythment la peinture de Shahla Dadsetan. Cela traduit sa volonté de situer sa pratique de l'abstraction au-delà du clivage abstraction / figuration. « L'expression est silencieuse » parce qu'elle s'incarne dans la matière sensible, dans cette matérialité de la peinture que fait jouer essentiellement l'abstraction. Shahla Dadsetan ouvre celle-ci à l'image en tant qu'espace d'intelligibilité, une image qui se donne comme transcription imaginaire du monde cosmique, comme invitation à le méditer visuellement.
Amélie Pironneau - Critique d'art